Au cours d'un petit voyage dans un village près de Kaolack, nous passions près d'un champ collectif.
Un jeune agriculteur me dit que les jeunes auraient bien voulus planter dans ce champ des anacardiers (arbre preoduisant la noix de cajou), mais qu'ils n'avaient pas d'argent pour mettre un grillage pour le protéger des animaux errants.
Je lui répond qu'ils auraient pu planter de "l'herbe à serpents" qui pousse très bien et fait des haies efficaces. A mon grand étonnement, il me repond que oui et me donne beaucoup de details sur la confection des haies. Quand je lui ai demande pourquoi ils ne l'avaient pas fait, je n'ai pas obtenu de réponses.
Cela m'a remémoré un reflexion qu'un vieux m'avait fait dans un autre village de brousse : " le paysan senegalais ne plante que ce qui pousse tout de suite! "
Bien sur, la haie aurait demandée 2 ans pour être efficace, mais si la haie avait été plantée quand l'idée est venue, les anacardiers seraient déjà en production.
En reprenant la conversation, je demande à l'agriculteur ce qu'ils allaient faire. Sa réponse fut qu'il leur fallait un financement.
Attendre un financement alors que la solution est à portée de main, d'autant que ce financement n'est surement pas pret de venir, dans la mesure où aucune recherche n'est faite pour le trouver.
Ce n'est pas la première fois que j'entend des propos qu même genre, sans doute pas la dernière non plus.
Comment l'agriculture sénégalaise peut elle se moderniser en masse et réduire la pauvreté des paysans quand tout concourt à transformer les sénégalais en mendiants qui ne voient leur salut qu'à travers les financements extérieurs et les ONG.
Parce que, n'en doutons pas, cette culture de l'assistanat a été crée et entretenue par tous les politiques qui se sont succédés au pouvoir.
Aucun n'a jamais eut le courage de dire et redire qu'une grande partie des difficultés du Sénégal vient de la culture traditionnelle.
Aucun n'a jamais eut le courage de dire que ce n'est pas en travaillant 3 mois sur 12 qu'un paysan peut sortir de la pauvreté.
Aucun n'a jamais eut le courage de dire que tout ce que nous pouvons faire par nous même doit être fait sans attendre un hypothétique financement.







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