Extrait d'un article trouvé sur info Afrique :
"Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu’un retour à la préhistoire ! Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n’est prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l’on retrouve d’autres gisements. Pour l’Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands d’arme. C’est pathétique.
Ensuite, la défense stratégique. L’état de déliquescence des armées africaines est si avancé que n’importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Je pense qu’il s’agit plus d’armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine , de l’Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n’y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n’a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d’aéronefs suspects dans son espace aérien sans l’aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd’hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d’une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu’en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques."
et ensuite, quelques lignes plus loin :
"Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets in qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d’excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu’ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but : garder les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde.
Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisqu’il l’Afrique n’a toujours pas un plan cohérent de développement économique et d’indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Pour moi, l’indépendance signifie d’abord un certain degré d’autonomie."
Et pour finir, le clou :
"Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l’Union africaine ou la CEDEAO décide de créer un Institut africain d’études stratégiques crédible et fiable, les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l’enjeu est autre, il s’agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l’Afrique. Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l’apport des experts occidentaux se contenteront de faire du copier-coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent. Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d’en faire d’abord pour votre propre intérêt ».
Tout cela n'est que trop vrai.
L'incapacité de nos dirigeants à utiliser leurs interminables études universitaires et à adapter leurs connaissances aux conditions et aux intérêts de l'Afrique, ne semble pas devoir s'arrêter demain. Non pas que ce soit des crétins congénitaux, mais leur désintérêt objectif pour le futur du continent, leur sentiment d'infériorité, bien caché mais pourtant bien réel, par rapport à l'occident les rend complètement incapables d'utiliser leurs connaissances théoriques autre part qu'à l'école.
L'adulation de l'occident, malgré leurs dénégations, l'amour immodéré pour l'argent ostentatoire les poussent à copier servilement le discours à la mode du moment des occidentaux pour en obtenir subsides, budgets, bourses post-post-post doctorales et autres perdiems.
Leur refus maladif de se pencher sur leur propre culture les amène à épouser objectivement les intérêts occidentaux.
Les redomondades sur le Népad, sur l'Afrique berceau de l'humanité, la négritude... ne sont que des cache-sexes destinés à masquer leur désintérêt profond pour le développement de l'Afrique, leur évidente incapacité à l'efficacité, et leur propention notoire à se transformer en prédateurs dès qu'ils accèdent au moindre poste de responsabilité.
J'ose espérer que les dirigeants actuels : civils, politiques, syndicaux, militaires... ne sont qu'une sous-espèce en voie de disparition de "l'homo négritus".
Dans les momments de lucidité, je doute de voir l'extinction de cette race de prédateurs de mon vivant.
Mais, Jean Jaurès ne disait-il pas que nous ne travaillons pas pour nous mais pour nos enfants et nos petits enfants.
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