A quelques mois des élections, c'est la bonne période pour essayer de faire aboutir vos revendications corporatistes, y compris les plus difficiles à satisfaire voire les plus saugrenues.
Ne cherchez pas à utiliser des statégies de communications sophistiquées (je rêve) utilisez le lobbying, c'est pas cher et... ça marche.
J'entends déjà les cris vertueux de ceux qui trouvent le lobbying immoral. Qu'ils soient rassurés, le lobbying est très différent du chantage.
Utiliser cette méthode est parfaitement Licite. Précisons donc les différences entre les 2 notions.
Le maitre chanteur classique, c'est celui qui menace de vous dénoncer à votre marabout et vos femmes parce que vous buvez régulièrement de l'alcool avec votre petite "nièce" sur les genoux ou qui suggère qu'il a des preuves formelles de votre appartenance au "Gang d'Idy". Il n'est motivé que par une méchanceté perverse et le désir quasi obsessionnel de s'enrichir. Véritable névropathe, c'est un Mal Faisant et une vipère lubrique.
Le lobbiste pré électoral, quant à lui, trouve son plaisir dans l'intérêt altruiste qu'il porte à une corporation (souvent injustement mal reconnue, entendez par là qu'elle juge ses revenus insuffisants).
Il oeuvre pour une meilleur appréciation du travail remarquable fait par ce groupe professionnel (et accessoirement, pour une évaluation réaliste de leurs capacités de nuisance). C'est une personne qui se dévoue pour le bien de la communauté. A ce titre, c'est un notable respectable et respecté.
Maintenant que plus aucun doute ne subsiste dans votre esprit, examinons quels sont les groupes socio professionnels qui peuvent mettre à profit cette période bénie pour faire avancer leurs justes revendications.
Tout d'abord, tout ceux qui à un titre ou à un autre interviennent dans le processus électoral : gouverneurs, préfets, juges... Très au fait des subtilités de la négociation, ils sont passés à l'action depuis quelques mois et ayant obtenus de remarquables avantages n'ont plus de revendications jusqu'aux prochaines élections.
Ensuite viennent ceux qui peuvent causer de gros désagréments à la population. Je citerai en vrac les employés de la Sénélec, le personnel hospitalier, les enseignants, les transporteurs ... la liste n'est pas exhaustive.
Pour ce qui concerne les employés de la Sénélec, au vu de l'augmentation de la masse salariale, je présume que leurs revendications ont du être satisfaites depuis un moment.
Quant aux autres catégories de salariés pré citées, vous remarquerez que bien qu'elles soient très promptes à affirmer recevoir un salaire de misère, le montant de leur feuille de paye est particulièrement opaque et les primes allouées réellement nébuleuses.
Comment procéder ?
Ne mettez jamais en avant les augmentations de salaire. Parler plutôt d'une mauvaise reconnaissance de votre profession qui vous empèche d'être efficace à 100%. Etendez-vous sur les conséquences néfastes pour les populations .
Sortez 2 ou 3 revendications bidons et ensuite parlez argent. A partir de ce moment là, ne parlez plus que d'argent. N'acceptez aucun compromis, allez résolument à la rupture, prenez à témoin l'opinion publique. N'hésitez pas, plus c'est gros plus ça marche.
Avant la fin des négociations; en réalité dès que vous arrivez à réunir quelques journalistes; faires une conférence de presse dans laquelle vous expliquerez que puisque le gouvernement est inflexible et vous abandonne à votre triste sort, vous êtes contraints de faire une grève illimitée.
N'oubliez pas à ce moment là, de dire que vous êtes parfaitement conscient des risques ou des désagréments que cela va faire vivre aux populations. Précisez que votre motivation finale est d'offrir un meilleur service public aux populations et que seule l'intransigeance du gouvernement vous accule à cette action de dernier recours.
Il est temps alors de mettre la cerise sur le gateau en suggérant que votrte corporation pourrait se souvenir de l'attitude inhumaine et à la limite humiliante / méprisante / j'menfoutiste / criminelle (rayez les mentions inutiles) et pourrait le faire payer très cher au gouvernement dans l'isoloir.
Normalement vous devez gagner.
Il reste le cas des revendications plus farfelues, comme celle que faisaient, il y a 8 ou 9 ans, un collectif d'écrivains incompris et non publiés mais néanmoins espoirs de la jeune génération littéraire.
Ce collectif expliquait doctement que le pouvoir n'aidait pas à la création artistique en général et littéraire en particulier. Et, comme élément de preuve assénait le détail qui tue : les écrivains n'ont même pas d'ordinateur ! Comment peuvent-ils travailler et pondre un bouquin...
Dans cette situation, le cas étant beaucoup plus complexe, il nécessite réflexion. Si vos vieux parents vous ont laissé quelque héritage ou si votre conjoint est opérateur économique et est flatté par votre aura d'intellectuel, vous pouvez prendre contact avec nous. Notre attention tarifée vous est acquise.
PS : magnez-vous, la queue devant la présidence est déjà importante et plus le temps passe plus l'élection approche. Rappelez-vous qu'un bon lobbying nécessite du temps.
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