Lu dans le Soleil un article relatant un cas de viol. Fait divers assez tristement banal, ce n'est donc pas le fond de l'histoire qui a retenu mon attention mais la forme sous laquelle elle est racontée.
Le "chapeau" commence ainsi : "Assane Ndiaye est un drôle de bonhomme qui prend l’amitié à la légère. Il n’a pas hésité à violer l’épouse de son ami ..."
La formulation est intéressante, ce qui fait du dénommé Ndiaye un drôle de type et qui semble poser un problème au journaliste, ce n'est pas le viol mais le fait de prendre l'amitié à la légère ! Curieuse inversion des valeurs...
La fin est tout aussi édifiante : "Le Parquet n'y est pas allé avec le dos de la cuillère, il a requis une peine de deux ans ferme..." Demander deux ans pour un viol, à mon avis, c'est pas vraiment cher. Mais par ces mots, le journaliste semble trouver cela beaucoup...
Quand on sait qu'un vol de bétail est communément condamné de deux ans de prison ! Il vaut mieux attenter aux personnes qu'aux biens, en cas de poursuites on s'en tire mieux.
Cet article me laisse perplexe. Je lis plusieurs journaux sénégalais tous les jours et il est rare que je ne tombe pas sur des propos de ce genre. Propos véhiculants une vision des plus rétrogrades et réactionnaires des relations sociales dans notre société.
Les journalistes réfléchissent-ils vraiment à ce qu'ils écrivent, relisent-ils leurs papiers ? Personnellement j'en doute.
Leurs "articles" semblent constitués d'une enfilade de lieux communs, d'expressions toutes faites souvent mal utilisées ou déformées, de citations pour le moins approximatives, de chiffres incohérents, le tout lié par une syntaxe qui ferait louper le bac à n'importe quel potache. Ces lieux communs, utilisés pour "tirer à la ligne" ne sont pas que des expressions passe partout, ils véhiculent une idée et un sens propre. Ce que les journalistes semblent ignorer.
Ces mêmes journalistes, si on peut les appeler ainsi, se targuent de déontologie, se prennent la tête avec leur responsabilité sur l'information... avant d'apprendre le B A BA de leur métier.
Le Cesti, école censée former de bons professionnels, n'accouche apparemment que d'ignares incapapables de pondre un article à peu près intelligible écrit dans un francais relativement correct. Peut on imaginer que les rédactions ne sont composées que de stagiaires?
Mais le pire qu'on peut leur reprocher c'est de ne pas être conscient de l'importance des mots et de ce qui est véhiculé de matière sous jacente par le discours.
D'incompétents, ce qui ne serait pas encore trop grave, ils deviennent dangereux en cautionnant, par bétise et/ou fainéantise et j'menfoutisme, un discours marqué par ce que notre société a de plus rétrograde.
C'est impardonnable venant de gens qui prétendent faire oeuvre de pédagogie et d'information.
Peut-être les journalistes devraient-ils objectivement faire l'analyse de leur triste prose. Mais en ont-ils le désir et surtout en sont-ils capables ?




Dick le Fourbe (aucun rapport évident avec l'ancien président US Johnson) : Les RG'men ont branchés des bretelles sur les centraux de la Sonatel et posés des micros pour écouter tous les opposants...
Fidèle à ma mission d'élever le niveau intellectuel des masses populaires, à défaut de pouvoir les guider sur la voie de la béatitude transcendantale de la culture potagère, je vous propose de vous initier, demain, à l'une des techniques de base que se doit de connaitre tout apprenti politicien.
En raison de circonstances indépendantes de notre volonté, le petit cours de communication politique à l'intention des apprentis politicien du Sénégal, doit être reporté à une date ultérieure. Veuillez nous en excuser.


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